SAISON 2010-2011
lundi 6 septembre 2010

visuel - Quimanipulequi ?

QUIMANIPULEQUI ?


Quimanipulequi ? est un cycle de conférences marionnettiques, organisé par La Nef, d’après « Crise financière et crise du capitalisme, le marché et la technique main dans la main » d’Hélène Tordjman, Economiste, Université Paris XIII.

Un lieu, une rencontre avec des personnalités spécialisées dans un domaine où nous ignorons tout. Des marionnettes qui font le lien et le retour au public.
Les marionnettes incarnent la simplicité, amènent à l’essentiel et nous renvoient à notre bêtise, à notre rage d’impuissance face à un monde qui nous terrorise de plus en plus.
Elles n’ont peur de rien ! Avec les économistes, les scientifiques, les philosophes invités, elles nous révèlent nos failles, nos lacunes, notre soif inextinguible de savoir pour mieux comprendre cette planète qui part en vrille mais que nous aimons par-dessus tout.
Venez pratiquer le gai savoir, voyagez en Nef, des fous ivres de savoir vous y attendent.



TOUT SAVOIR...

Note d’intention

« Dans la confusion générale, dans le brouhaha et la cacophonie du monde qui nous entoure nous entendons confusément comme un écho répétitif des expressions du genre : perte de sens, fin des idéologies, révolutions technologiques sans parler des sirènes lancinantes, de la globalisation, mondialisation pour enfin arriver à un sentiment confus et insidieux de manipulation. La scène du monde est agitée de plus en plus par des fous qui s’ignorent, qui tirent les ficelles et nous pauvres humains, individus, contribuables, consommateurs nous errons dans un théâtre de marionnettes où le manipulateur tapi dans l’ombre nous agite, nous coupe les fils ou nous met dans la malle aux accessoires quand bon lui semble.

Nous les marionnettes nous voulons savoir qui nous manipule, qui tire les ficelles, qui se glisse en nous pour nous faire dire des paroles publiques et engageantes, qui nous triture, nous malaxe, serre nos cœurs, pétrit nos âmes, nous costume, nous grime, nous manipule et nous jette comme bon lui semble. Nous nous insurgeons contre notre destin d’êtres manipulés et le mépris condescendant des « honnêtes gens » pour nos existences de papier mâché. Nous voulons démontrer aux êtres de chair que nous avons non seulement une âme mais une pleine conscience et des visions de l’avenir. Nous avons la force et la détermination des laissés pour compte du théâtre officiel, l’inventivité et la grâce des enfants qu’on néglige, la liberté des chercheurs et des aventuriers d’un art en pleine ébullition. Nous préférons le terme animé que le terme manipulé, le terme incarné plutôt que le terme figuré et puisque notre destin est d’être des marionnettes nous revendiquons notre place et notre rôle sur la scène du monde à l’égale des autres arts mais surtout à l’égale de tous les représentants des partis politiques, religieux, médiatiques, scientifiques qui nous manipulent si mal. En tant que spécialiste de l’art de la manipulation nous savons mieux que quiconque de quoi il en retourne. Nous respecter enfin, nous reconnaître c’est donner la parole aux causes qui en sont privées, c’est permettre des relations de curiosité et d’éveil intellectuel, c’est faire circuler les idées dans les deux sens. Les manipulés ne sont pas toujours ceux que l’on croit. À bon entendeur salut. » Jean Louis Heckel

Thématiques abordées

La crise que nous connaissons aujourd’hui n’est pas que financière, mais beaucoup plus globale. Elle s’exprime aussi dans la crise écologique, et résulte de la nature même du capitalisme, dont les piliers sont l’échange marchand et le développement technique.

1/Les mécanismes de la crise financière
Historique de la crise actuelle. Celle-ci a démarré sur le marché des « subprimes » et s’est propagée à l’ensemble du système financier international, plongeant l’économie mondiale dans une crise de l’ampleur de la crise de 1929.

2/ « Moraliser le capitalisme » : un oxymore
Analyse des différentes solutions proposées pour sortir de la crise : des appels à la « moralisation » à une véritable refonte des règles du jeu. Il est urgent de démystifier le discours des politiques et des médias : « moraliser le capitalisme » est une contradiction dans les termes, comme la « croissance verte » ou le « développement durable ».

3/ Le retour de la doctrine libérale Le libéralisme est un projet de société, une utopie au même titre que le communisme. La version moderne de cette utopie conduit à sacraliser les mécanismes de marché. L’extension du domaine des marchés est un processus séculaire amorcé dès le 17e siècle mais connaît un regain depuis trente ans. La « marchandisation » touche aujourd’hui des pans de plus en plus larges des activités humaines et est en partie à la source de la crise contemporaine.

4/ Les méfaits de la technique moderne La deuxième origine de la crise réside dans le développement exponentiel du progrès technique. L’attitude prométhéenne qui est la nôtre nous fait croire que nous pouvons tout contrôler, les risques financiers comme les risques écologiques. La crise des « subprimes » et le réchauffement climatique devraient nous faire comprendre qu’il n’en est rien. Il semble cependant que notre entendement soit limité, d’où l’urgence d’une rééducation de l’oreille.

L’émission « l’oreille cassée » s’atèle au débouchage du conduit auditif nécessaire pour comprendre ce qui se cache derrière les mots du discours dominant.